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Dialogue national en Mauritanie: l’opposition remet la version finale de sa feuille de route
LE360 AFRIQUE - Les responsables de 13 partis d’opposition ont remis au coordinateur Moussa Fall la version finale de la feuille de route en perspective d’un dialogue national initié par le président Mohamed Cheikh El Ghazouani. On se dirige vers un dialogue plutôt consensuel avec l’espoir de rupture avec les précédents dialogues dont le parti au pouvoir fixait les règles.
Le document contenant les amendements de l’opposition favorable au dialogue a été remis au coordinateur lors d’une cérémonie organisée le jeudi 5 mars 2026 au Centre International des Conférences Moctar ould Daddah (CICMD).
Cette ultime étape, clôture une année de d’échanges préliminaires entre les différents pôles, constitués de la majorité, l’opposition, la société civile et les personnalités indépendantes.
Initié par le président de la République, Mohamed Cheikh El Ghazouani, ce dialogue vise «à renforcer la cohésion sociale et consolider le système démocratique».
Mais au delà des bonnes intentions et des formule convenues, le consensus, incertain, sur les enjeux vitaux (passif humanitaire, place des langues nationales et question sociale de l’esclavage ou des séquelles) sont au centre des interrogations avant le lancement des assises.
Moussa Fall, coordinateur du Dialogue National, rappelle «une phase préparatoire qui s’est déroulée suivant un processus relativement long. Une année passée à recueillir les propositions et observations du pole de l’opposition démocratique. On attend les observateurs de deux autres pôles, pour organiser une séance d’échanges entre les trois pôles, amener les différentes parties à s’accorder sur des amendements consensuels. Ces documents, finalisés seront transmis au président de la République pour annoncer la date du démarrage des assises, très prochainement».
Si l’opposition est prête pour le dialogue, Pr Lô Gourmo, vice-président de l’Union des Forces de Progrès (UFP), avertit tout de même. «On va au dialogue pour avancer, et non pour faire du surplace. Il faut aller obligatoirement vers des réformes. Alors, le consensus doit permettre des progrès par rapport aux questions centrales: unité nationale, les questions qui touchent à la cohésion sociale et aux conditions d’existence des populations, les problèmes de souveraineté et de sécurité».
Le Pr Lô précise que ces enjeux sont au cœur de la feuille de route déposée par le pôle de l’opposition démocratique sous forme de «Document synthèse».
Abordant la véritable question de fond, le vice-président de l’UFP, indique clairement que «le consensus ne peut se faire qu’avec le président de la République», patron absolu de l’exécutif, leader incontesté d’une écrasante majorité parlementaire, dépositaire de toutes les cartes pour préserver et protéger les fondements de l’unité nationale.
La prochaine étape d’échanges entre les différents pôles est très attendue et sera âprement disputée.
Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)