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Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie : Déclaration.
Depuis le début du mois de mai 2012, le gouvernement a annoncé une mesure visant les migrants établis en Mauritanie (adultes et enfants) qui leur fait obligation de disposer d’une carte de séjour pour compter du 1er juin 2012. Une correspondance en ce sens a été adressée à toutes les missions diplomatiques et consulaires ainsi qu’aux organisations internationales accréditées en Mauritanie.
Cette opération est, d’après les explications officielles, destinée au contrôle et à la gestion des flux migratoires et à la régularisation de la situation de l’ensemble des étrangers résidant dans le pays. En effet, il a été observé depuis ces derniers mois, une volonté politique des pouvoirs publics, de s’en prendre aux migrants et ce à travers des opérations policières de harcèlement et d’intimidation qui ont abouti à des expulsions manu militari de certains ressortissants de pays voisins, opérations qui ont eu lieu à Nouadhibou et qui étaient destinées à annoncer les couleurs.
Il est important de mettre sur la table et de rappeler que la migration contemporaine est devenue un phénomène qui a pris de l’ampleur dans toutes les parties du monde et particulièrement entre les pays de l’hémisphère Sud et ce pour des raisons multiples et multiformes liées à des choix individuels, des recherches d’emplois et de bien-être, de recherches de refuge ou d’asile, entre autres.
Ces vagues d’immigration sont le corollaire de la mondialisation des économies et des capitaux qui a beaucoup affecté les ressources des pays en développement dont la Mauritanie en aggravant la pauvreté et le chômage dans l’absence de bonnes politiques de gouvernance. La gestion de cette migration est assez complexe et transversale car elle revêt des dimensions variées liées à des conventions internationales, régionales et sous régionales mais aussi à des lois nationales.
La CGTM réaffirme que tous les pays doivent s’inscrire et respecter en les appliquant les conventions internationales en matière de migration et notamment celle des Nations Unies de 1990 qui protège les migrants et leurs familles. Nous rappelons également que la Mauritanie, en plus d’avoir ratifié cette convention, est signataire de plusieurs conventions d’établissement avec certains pays voisins pour la circulation et l’établissement des personnes et des biens.
La CGTM estime que des opérations de régularisation des migrants doivent s’inscrire dans une logique d’un programme préalablement diffusé et connu de tous les acteurs et des concernés et devant faire l’objet, de larges campagnes d’explication et d’information. Par ailleurs, les modalités pratiques ainsi que les frais liés à cette opération, doivent tenir en considération, la composition de la population immigrée ainsi que leur statut social pour fixer des barèmes convenables et accessibles dans des délais qui leur laissent le soin de s’y préparer normalement.
La CGTM rappelle que la migration n’est pas un crime mais un choix qui donne le droit à tout individu de résider dans un lieu de son choix dans le respect des règles administratives qui régissent les citoyens aussi bien nationaux qu’étrangers. La volonté de mettre en parallèle d’autres considérations d’ordre sécuritaire, ne sont qu’une manière de créer la confusion dans les esprits et l’amalgame qui ne garantissent pas la réussite des opérations de régularisation, mais plutôt préparent le terrain à une chasse aux sorcières.
Ampliations :
- CSI/BIT
Fait à Nouakchott, le 24 mai 2012.
Le Comité exécutif de la CGTM
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