Cridem

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13-05-2012

04:52

La pacification de la scène politique : une approche objective

Aujourd’hui, autant que la majorité des pays du monde et particulièrement ceux qui ressentent avec acuité les multiples problèmes liés à la crise économique structurelle et d’ordre climatique comme particulièrement au Sahel, notre pays fait face avec tact et résolution.

Ces problèmes, liés au premier plan à la santé, l’éducation la sécheresse et au développement dans toutes ses facettes, allant des conditions de survie, à l’édification d’une économie d’autosuffisance alimentaire graduelle, demandent des répliques adéquates urgentes, condition sine qua non de durabilité de la nation.

Dans ce contexte, nous imaginons mais résolus (et nous sommes réconfortés en cela par nos expériences respectives dans le domaine du développement vécu au cours de multiples actions concertées et exécutées le plus souvent avec la participation et l’implication des populations les pauvres et les plus démunies) une réponse politique apaisée.

Or, ces populations, qui constituent l’immense majorité du peuple mauritanien sollicité constamment par les partis et les leaders d’opinions, sont dans leur majorité en dehors du coup ; nous voulons dire des problématiques politiques qui opposent …opposition et majorité.

En fait, celles-ci privilégient la paix, la stabilité et non l’engouffrement dans les conflits politiques. Naturellement, il n’y a pas de démocratie sans majorité, opposition et alternance, avec le train de dynamique que suppose l’accès éventuel au pouvoir. Mais les scénarios déjà envisagés sont bien controversés, et nous l’avons constaté, à maintes reprises, chez les populations qui les dénigrent, au vu des positions fortes vécues maintenant.

Mais quels que soient l’approche et les jugements qui en découlent, il n’y a pas d’avancement sans stabilité et il n’y a pas de stabilité sans la disposition de part et d’autre à une écoute apaisée qui doit, nécessairement, aboutir à la concertation adaptée. Quant à nous organisations de la société civile, nous privilégions l’apaisement et l’orientation de nos ressources matérielles et humaines à l’investissement dans le social et l’économique.

Nous pensons également que l’embrigadement de la jeunesse scolaire et estudiantine, c’est à dire les générations de la relève est une erreur inadmissible. Malheureusement, des politiciens semblent vouloir à tout prix les embrigader pour en faire un cheval de bataille usant de leur inexpérience et de leur innocence au risque de faire de cette année scolaire finissante une année blanche au dam de parents qui se battent dur pour les préparer à l’avenir.

Du reste, le combat politique, même exacerbé, ne doit pas occulter la quiétude et les enjeux sociaux, en ce sens que toutes les parties voudraient tirer le plus grand profit, au sens politique, d’une situation conflictuelle oubliant qu’elles se doivent, tout de même, de respecter la décence, le respect et les limites qu’édictent les règles biens connues.

En définitive, nous privilégions en tant qu’organisations, la pacification autant que faire se peut, de la scène, pour offrir le champ favorable au développement sans lequel ni pouvoir, ni opposition n’aurait la possibilité de matérialiser les programmes dont ils se réclament.

D’ailleurs, les experts de la Banque Mondiale et autres organisations du Système des Nations Unies, le déclarent haut et fort : au Sud, le développement viable et durable ne s’octroie pas de l’extérieur et ne peut se réaliser sans la concertation et la participation effective des populations concernées. Malheureusement, nos responsables n’ont pas encore compris cela.

C’est pourquoi, les organisations (ONG et syndicats) sont encore marginalisées. Or, à l’échelle mondiale, la tendance actuelle est à leur implication à tous les niveaux, de la conception, à l’exécution en passant par le suivi des programmes et les actions envisagés. Les partenaires au développement observent, semble-t-il, cette situation lamentable et demeurent réticents, au moins au niveau des volumes de l’aide qui, nous le constatons, reste fort modeste.

Dans le contexte actuel, les organisations peuvent jouer un rôle d’équilibre très positif en redynamisant le développement et en réduisant l’espace de pauvreté, qui, à terme, peut accentuer les contradictions au niveau de la scène politique. D’autre part, elles peuvent jouer la responsabilité de modération fort louable puisqu’elles y participent dans tous les pays du monde en cas de besoin, en raison de la confiance dont elles jouissent au sein de la communauté mondiale.

Boumouzouna
Conseil des ONG Nationales d’Appui au Développement Economiques et Social
CONADES


 


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