Cridem

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23-04-2012

05:56

Alcatel-Lucent Mauritanie jette deux ingénieurs mauritaniens dans la rue.

Frustration et amertume, tels sont les sentiments qu’éprouvent aujourd’hui, deux travailleurs de la société Alcatel-Lucent Mauritanie, partenaires des sociétés Mauritel et la SNIM chargée de leur fournir des matériels téléphoniques. En effet, Ba Aboubacry et Hachem Ould Youssouf, avaient été recrutés 2005 en qualité d’ingénieurs.

Ils évoluaient dans des mauvaises conditions de travail, en plus d’un traitement salarial dérisoire. Ils travaillaient plus de 12 heures par jour, et parfois plus, sans congés annuels, ni repos hebdomadaire.

La nature du travail qu’ils effectuaient, comportait des risques énormes puisqu’ils devaient sillonner l‘ensemble du territoire national pour le compte de la société ALCATEL avec des risques de se faire tuer dans des zones réputées dangereuses où l’armée mauritanienne très présente tire sur tout ce qui bouge pour des raisons de sécurité nationale sans compter d’autre entités armées malveillantes.

Malgré toutes ces conditions socioprofessionnelles particulièrement éprouvantes, ces travailleurs touchaient un maigre salaire de base de (35.000) bien en deçà de leurs capacités et de leurs responsabilités.

En cherchant à connaître les véritables raisons de leur licenciement et à recouvrir tous leurs droits, les travailleurs ont été surpris d’apprendre qu’ils avaient été transférés à leur insu dans un bureau d’étude et c’est celui-ci qui devrait leur payer leurs droits. Pourtant, ces travailleurs n’ont jamais eu de relation de travail avec un employeur autre qu’Alcatel-Lucent Mauritanie. D’ailleurs, tous les documents administratifs qu’ils détiennent attestent qu’ils n’ont pas servi un autre employeur.

S’estimant abusivement licenciés, ces travailleurs ont décidé de saisir l’Inspecteur Régional du Travail du ressort pour être rétablies dans leurs droits. Rappelons que ces travailleurs n’ont pas reçu la moindre notification écrite de leur licenciement, conformément aux dispositions de l’article 46 du Code du Travail.

Ces travailleurs ont décidé d’user de tous moyens que leur confère la loi pour amener la société à se conformer aux dispositions de la législation du travail en vigueur dans le pays. En se référant à la légalisation du travail, on remarque clairement que le licenciement de ces travailleurs est illégal, dans la forme, et abusif, dans le fond.

D’abord, dans la forme. Etant donné que la configuration dans laquelle ces salariés exerçaient leur travail, répondait aux conditions d’un contrat à durée indéterminée, et dans ce cas, la partie qui prend l’initiative de rompre le contrat doit donner à l’autre un préavis, selon l’esprit de l’article 46 du Code du Travail.

Ensuite, le fond. La société a licencié ces travailleurs sans aucun motif valable. Et l’article 60 du Code du Travail dispose, à cet effet, que « Les licenciements effectués sans motifs légitimes, de même que les licenciements motivés notamment par les opinions politiques ou religieuses du travailleur, son appartenance ou sa non appartenance à un syndicat, son sexe, son âge, sa race, son ascendance nationale, sa couleur, sa religion, sont abusifs.

La société a licencié ces travailleurs sans leur donner la moindre justification de cette mesure. Ainsi il faut de reconnaître que ce licenciement est abusif et constitue une violation flagrante des dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans le pays. L’intervention des autorités compétentes est donc nécessaire pour amener la société à se conformer avec la législation et la réglementation en vigueur en matière de droit du travail.

Ba Aboubacry

 


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