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CGTM : Déclaration.
La déclaration de la CGTM relative à la dénonciation du mode arbitraire et illégal de désignation et de choix des représentants des travailleurs dans le nouveau conseil d’administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a provoqué une réaction de l’UTM qui a jugé nécessaire de répondre à la place du gouvernement, pratique qui devient de plus en plus récurrente de la part de cette organisation qui n’a plus d’activité syndicale propre que celle-ci.
Toutefois, les arguments utilisés pour essayer de justifier l’injustifiable, traduisent aisément l’état d’esprit de l’UTM pour laquelle la représentativité des organisations professionnelles , telle que définit dans le Code de Travail, en son article 265, n’a aucun intérêt tant qu’on bénéficie des faveurs des pouvoirs publics qui distribuent comme ils veulent les sièges revenant de droit aux travailleurs.
Le patrimoine historique de l’UTM qui a été acquis de 1961 à 1991, a été arraché par la lutte de tous les travailleurs mauritaniens dans l’unique centrale syndicale nationale qui existait à cette époque, mais que malheureusement, l’UTM actuelle n’a gardé aucun élément de l’héritage de celle-ci dont entre autres, le respect des droits de la classe ouvrière, de son indépendance du gouvernement et du patronat, de sa détermination à la lutte syndicale pour les revendications des travailleurs, de la démocratie syndicale qui légitimait les choix des dirigeants et des responsables syndicaux, au lieu d’accepter une nomination par un parti au pouvoir d’un directeur général d’une société d’assurance à la tête d’une organisation des travailleurs, sans passer par aucun suffrage.
Cet héritage, n’en déplaise à l’UTM , est porté par la CGTM qui depuis sa création en 1993, suite au putsch syndical perpétré contre la véritable direction de l’UTM en 1991 pour cause de grève générale et d’insubordination au pouvoir, s’est investie dans la poursuite de cette glorieuse époque qui a marqué l’histoire du mouvement syndical national depuis le massacre des ouvriers de Zouérate en 1968 qui avait montré la voie à suivre pour l’émancipation de la classe ouvrière et la préservation de l’indépendance nationale par la lutte contre l’exploitation des travailleurs d’où qu’elle vienne.
Cette position de légitime héritière de ces principes nobles légués par d’illustres travailleurs de notre pays, a valu à la CGTM une adhésion sans faille des travailleurs de tous les secteurs d’activités socio-professionnelles qui ont majoritairement rejoint ses rangs , faisant d’elle l’organisation syndicale la plus représentative, devant, aux termes de la Loi, siéger au nom et place de ceux-ci, aux lieu et place de ceux qui usurpent des rôles qu’ils n’ont acquis que par l’allégeance et la subordination aux pouvoirs publics.
Par ailleurs, les élections professionnelles de représentativité qui étaient prévues depuis 2008 avec l’assistance des partenaires comme le BIT, ont été enlevées de l’agenda du gouvernement suite au pacte que l’UTM a diligenté pour leur renvoi à des calendes grecques, parce que tout simplement, l’UTM n’en attend rien dans son positionnement, sinon sa disparition pure et simple de l’espace syndical.
Au lieu de distiller des chiffres fantaisistes sur ses effectifs au niveau international, l’UTM devait reconnaitre et assumer qu’elle ne représente plus rien du tout dans le monde des travailleurs aussi bien du public que du privé. Les résultats des élections du personnel dans toutes les entreprises en témoignent :
- 1 délégué pour l’UTM sur une vingtaine au niveau des 3 opérateurs et de leurs sous-traitants dans les télécommunications (Mauritel, Mattel et Chinguittel) contre 15 pour la CGTM
- 4 délégués dont 1 a fait défection pour l’UTM au niveau de la SNIM (Nouadhibou et Zouérate) contre 11 pour la CGTM
- O délégué pour l’UTM à Tasiast contre la majorité au niveau de la société mère et de ses sous-traitants
- 2 délégués à la mine de cuivre d’Akjoujt, la MCM, contre 7 pour la CGTM
- 0 délégué pour l’UTM au niveau des routes (Rosso/Boghé, Kaédi/M’Bout/Sélibaby/Gouraye, Kiffa/Tintane, contre la totalité des sièges pour la CGTM
- Au niveau des établissements de l’entretien routier, ENER, la CGTM détient la majorité des délégués
- Au niveau du secteur pétrolier, l’UTM n’a aucun délégué pendant que la CGTM en détient la majorité
- 0 délégué pour l’UTM à la Somagaz contre la majorité pour la CGTM
- Au Port de Nouakchott, au niveau des dockers professionnels et de la manutention portuaire, l’UTM n’existe pas
- Dans les établissements publics, comme l‘office mauritanien de recherche géologique (OMRG), l’agence pour l’accès universel aux services (APAUS), l’Autorité de régulation, la CGTM détient 100% des collèges des délégués
- Même, ces faibles résultats de l’UTM n’ont été possibles que grâce à la pression qu’exercent certains chefs d’entreprises sur leurs employés, pour voter en faveur de l’UTM, comme l’illustre l’exemple le plus récent intervenu au niveau d’un sous-traitant de Tasiast, en l’occurrence Capital Drilling
- Cette liste n’est pas exhaustive et c’est la raison pour laquelle,
connaissant bien cette situation qui est favorable à la CGTM, le gouvernement n’a jamais voulu appliquer les critères de représentativité des organisations professionnelles, contenus dans les articles 265 et 90 de la Loi 017/2004 portant sur le Code de Travail.
Dans ce même ordre d’idées, la présence ou la couverture territoriale qui est un autre critère de représentativité, à notre connaissance, l’UTM n’a aucune présence régionale réelle, en témoigne son impossibilité de fournir des éléments de relai au niveau des régions lors de notre action de grève commune de mars 2010 dans le secteur public (tous les éléments qu’ils avaient contactés ont dit ne plus faire partie de l’UTM, hélas)
Pour le critère relatif à l’expérience syndicale, l’administration du travail sait pertinemment que 80% des dossiers des conflits de travail traités et connus de ses services (conciliation, médiation et arbitrage) sont suivis par la CGTM, pendant que l’UTM n’en suit que près de 2%.
C’est, effectivement cette réalité des faits qui amène la CGTM à exiger sa place de 1ère organisation syndicale nationale car c’est cela la volonté de la majorité des travailleurs. Si l’UTM occupe 2 places au niveau du conseil économique social, la CGTM devrait en occuper plus de 5.
L’opinion publique des travailleurs ainsi que celles nationale et internationale vont juger de la malhonnêteté dont le secrétaire général de l’UTM accuse la CGTM parce que ses délires lui reviendront à la figure irrémédiablement.
En tout cas, en rendant ampliataires, la CSI et le BIT, d’un chiffon aussi mal convenu qu’est ce papier signé par le secrétaire général de l’UTM, ce dernier dévoile à la face du monde la légèreté qui l’anime dans l’action syndicale à laquelle il porte peu d’intérêt en dehors de celui qui l’aide à se rapprocher des pouvoirs publics et de certains dirigeants d’entreprises. Cette légèreté l’a amené à effectuer avec une partie de ses collaborateurs, la semaine passée, une visite au niveau d’Akjoujt, pour s’excuser auprès du directeur général de la MCM pour le tort, dit-il, causé par la grève des travailleurs, dont l’UTM se démarque.
Les travailleurs mauritaniens, qui ont gagné en maturité et combativité, ne se laisseront pas abuser ni par les pressions de l’Etat ou de certains employeurs, ni par les usurpations de leurs mandats et le désaveu de leurs luttes de la part de l’UTM, et ils demeurent déterminés à poursuivre leur combat noble et légitime pour recouvrer leurs droits.
Ampliations :
- Confédération Syndicale Internationale (CSI)
- Bureau International de Travail (BIT)
Nouakchott, le 11 février 2012.
Le Comité exécutif de la CGTM
Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie
(CGTM)
BP : 6164,
Tél : + 222 45 25 80 57,
Fax : 45256024
Mail : cgtm@cgtm.org ;
Nouakchott - Mauritanie