13-06-2026 20:10 - Plus de 150 universitaires, élus et militants dénoncent des atteintes aux droits des Haratines

Plus de 150 universitaires, élus et militants dénoncent des atteintes aux droits des Haratines

SHEMS MAARIF - Un collectif de plus de 150 universitaires, chercheurs, élus, militants politiques, défenseurs des droits humains, journalistes, féministes et acteurs de la société civile a lancé un appel urgent pour dénoncer ce qu’il qualifie de « violations croissantes des droits civiques et politiques » visant les Haratines et, plus largement, les communautés noires en Mauritanie.

Dans ce document, les signataires affirment suivre avec « une profonde inquiétude » l’évolution de la situation des droits humains dans le pays. Ils estiment que les récentes arrestations de militants abolitionnistes, de défenseurs des droits humains et de parlementaires s’inscrivent dans une dynamique de restriction de l’espace civique et de répression des voix critiques.

L’appel cite notamment l’arrestation des députées Mariem Mint Cheikh et Gamou Mint Achour, que les signataires considèrent comme une atteinte aux garanties parlementaires et au principe de l’immunité. Ils dénoncent également les poursuites engagées contre plusieurs militants et défenseurs des droits humains à la suite des manifestations liées à l’affaire de la mineure Nouha, âgée de 11 ans.

Selon les auteurs du texte, ces mesures constituent un recul des libertés fondamentales, notamment de la liberté d’expression, du droit de manifester pacifiquement et des garanties d’un procès équitable.

Le collectif exprime également sa préoccupation face à la multiplication de discours jugés racistes et discriminatoires visant les Haratines sur les réseaux sociaux et certaines plateformes médiatiques. Les signataires estiment que ces discours alimentent les tensions sociales et ravivent des blessures liées à l’histoire de l’esclavage et aux crises intercommunautaires qu’a connues le pays.

Ils rappellent notamment les événements de Conflit mauritano-sénégalais de 1989 et appellent les autorités à lutter contre toute forme d’incitation à la haine et à la discrimination.

Les auteurs de l’appel dénoncent par ailleurs ce qu’ils présentent comme une marginalisation persistante de cadres et fonctionnaires haratines au sein de l’administration publique. Ils évoquent plusieurs cas de révocations ou de sanctions administratives qu’ils considèrent comme motivées par des engagements militants ou des prises de position publiques.

Selon eux, ces pratiques traduisent un déséquilibre dans l’accès aux responsabilités et renforcent un sentiment d’exclusion au sein d’une partie de la population.

Les signataires demandent la libération des personnes détenues pour leurs activités militantes pacifiques, le respect des garanties juridiques et parlementaires, ainsi que la révision de certaines dispositions législatives qu’ils jugent restrictives des libertés publiques.

Ils réclament également l’ouverture d’enquêtes sur les discours de haine, la fin des pratiques de marginalisation administrative et l’organisation d’un dialogue national « inclusif et sincère » centré sur les questions de justice, d’égalité et de réparation historique.

Dans leur conclusion, les auteurs de l’appel affirment que la revendication des Haratines pour l’égalité des droits et la justice sociale relève, selon eux, d’un combat citoyen visant à renforcer l’État de droit et l’égalité entre tous les Mauritaniens.





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