27-04-2026 13:13 - Finalement, ce n’est pas Birame, mais Ghazouani l’allié des FLAM

Finalement, ce n’est pas Birame, mais Ghazouani l’allié des FLAM

L'Authentique -- Le Président réel des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), Habib Sall, a effectué une rentrée triomphale à Nouakchott, vendredi 25 avril 2026, avec un accueil à l’aéroport et un défilé jusqu’au centre-ville, entouré de plusieurs dizaines de sympathisants.

Le régime de Mohamed Cheikh Ghazouani lui a littéralement déroulé le tapis rouge, alors même que son mouvement était depuis plusieurs décennies, considéré comme la bête noire de l’Etat profond.

FLAM-Ghazouani, le tandem en vogue

Que signifie cette nouvelle alliance entre les FLAM et la junte militaire au pouvoir en Mauritanie depuis 1978 et qui a toujours considéré ce « mouvement négro-africain » comme l’ennemi à abattre, l’épouvantail qui a toujours servi de repoussoir et d’arme de diabolisation de ses adversaires politiques, en l’occurrence Birame Dah Abeid.

En effet, depuis la fin de la courte idylle entre le pouvoir de Ghazouani et le président du mouvement IRA, toute la communication du régime était centrée sur l’alliance IRA et FLAM, entre Birame Dah Abeid et Samba Thiam supposé être le président de ce « mouvement négro-africain », présentée à certains membres de la communauté « Beïdane » comme le danger qui menace sa survie et la stabilité du pays, le cancer qui mine l’unité nationale et la cohésion sociale.

Mais aujourd’hui, les masques sont tombés. Le retour en grande pompe de Habib Sall a jeté l’incrédulité au sein des mouvements les plus radicaux et les plus extrémistes au sein du pouvoir. Les réactions sur les réseaux sociaux, au sein des mêmes milieux qui avaient mis tout leur arsenal de nuisance sur l’axe IRA-FLAM comme arme de dissuasion politique, se retournent aujourd’hui contre leur propre camp.

Car en plus d’être reçu triomphalement à Nouakchott, Habib Sall et ses partisans ont brandi au cours de leur défilé le fanion distinctif des FLAM et « non le drapeau national ». C’est ce qui a le plus indigné leurs ennemis représentés au sein d’une seule communauté, lesquels ont reçu ce message comme le summum des affronts. « Un mouvement dissident et séparatiste qui menace de tuer les maures, reçu avec de tels égards ! » s’offusquent-ils.

Entre le cancer que représente à leurs yeux les FLAM et la rougeole que représente itou le mouvement IRA, la plupart des contenus qui circulent sur les plateformes d’information et sur les réseaux sociaux à la solde du Ministère de l’Intérieur, semblent aujourd’hui mesurer l’énormité des torts qu’ils ont jusqu’ici causé à Birame Dah Abeid.

Ils se rappellent des traitements qui lui ont toujours été réservés, à lui et à ses partisans, à chaque retour de voyage. Interdiction de défilé depuis l’aéroport, confiscation des clés des véhicules des personnes venues l’accueillir, des déploiements de forces à chaque carrefour, l’interdiction de tout accueil populaire, l’arrestation par dizaine de ses partisans à ces occasions.

Mais surtout, ces accusations répétées autour de l’alliance IRA-FLAM, et qui n’a réellement jamais existé, car celui qui était considéré comme le président des FLAM, Samba Thiam, ne l’était plus depuis plus d’une décennie.

Le régime de Ghazouani a toujours bien apprécié cet amalgame. Il l’a nourri, l’a laissé se répandre. Aujourd’hui, il se dévoile en plein jour. Le véritable allié des FLAM, ce sont finalement Ghazouani et son équipe, et non Birame Dah Abeid.

Sur les raisons du retour de Habib Sall en Mauritanie, les supputations vont bon train. Certains y voient un des résultats de la visite de Ghazouani en France le 15 avril 2026, soit à la suite d’une rencontre secrète entre les deux hommes, soit une impulsion de l’Elysée.

D’autres y ajoutent la prétention du pouvoir d’affaiblir son principal adversaire Birame Dah Abeid et surtout, le besoin de remplir la chaise laissée vide par ce dernier dans le dialogue politique à venir.

Aperçu sur le mouvement des FLAM

Les FLAM ne sont pas en réalité ce que les manipulateurs des camps adverses ont toujours nourri depuis Ould Taya à nos jours. En effet, les FLAM sont le fruit d’un long processus de prise de conscience des négro-mauritaniens.

En effet, les FLAM ont été créés dans la nuit du 13 au 14 mars 1983 à travers une fusion de quatre organisations : l’Union Démocratique Mauritanienne (UDM), l’Organisation pour la Défense des Intérêts des Négro-africains de Mauritanie (ODINAM), le Mouvement Populaire Africain de Mauritanie (MPAM) et le Mouvement des Elèves et Etudiants Noirs (MEEN).

Les FLAM sont un mouvement de libération, une organisation politique nationale qui lutte contre le racisme et les discriminations de toutes sortes en vue de l’instauration d’un Etat de droit pour un double objectif : 1) le rétablissement de tous les Mauritaniens opprimés et défavorisés par des politiques discriminatoires et antinationales, singulièrement des Noirs, dans la dignité humaine et sociale ; 2) la réconciliation de tous les Mauritaniens pour un développement national harmonieux dans un Etat libre, indépendant et démocratique.

Certes, les FLAM avaient pris les armes par le passé contre le pouvoir de Maaouiya Sid’Ahmed Taya, suite à l’exécution de quatre officiers noirs accusés de fomenter un coup d’Etat en 1984, suivi en 1989 jusqu’en 1990, par les déportations et les purges dans l’armée et l’administration publique et privée contre les Noirs opérés dans le même sillage.

Mais depuis 2014, les FLAM ont annoncé officiellement qu’ils tournaient la page de la lutte armée pour se transformer en une organisation politique.

Samba Thiam et l’amalgame avec les FLAM

Samba Thiam fut certes dans le passé, le chef charismatique des FLAM et l’un des derniers carrés des fondateurs historiques du mouvement. Il fait partie des dissidents des FLAM, au sein de l’aile dénommée « FLAM Rénovateur » qui avait approché le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz qui le reçut au Palais présidentiel à son retour d’exil en septembre 2013.

Ce que l’aile dure du mouvement, représentée à l’époque par le père de Habib Sall et compagnie, ne lui a jamais pardonné d’ailleurs. Il est revenu en Mauritanie sur les traces d’une autre figure du mouvement, le vice-président Ibrahim Mifo Sow, qui était retourné en Mauritanie pour baliser le terrain suite aux changements politiques survenus après la chute de Taya en 2005.

Samba Thiam s’est depuis longtemps démarqué de ses anciens compagnons et a créé son propre parti politique, les Forces Progressistes du Changement (FPC) qui attend depuis 2013 une reconnaissance officielle qui lui est jusqu’à présent refusé.

Cheikh Aïdara



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 27/04/2026 14:55 X

    Bon, vous avez compris dans le texte ! Si vous voulez aider ce groupe de compatriotes pullotoucouleur

    1) Faites comme moi, réagissez à l'article, écrivez quelque chose de positif ou négatif sur le sujet, mais réagissez. Mais ne faites pas dans mon style : la critique qui profite seulement à ceux qui sont capables de prendre la contradiction indisposante comme une occasion de s’améliorer.

    2) Si vous êtes bidhani, critiquez-les fort, dites qu'ils sont dangereux, ennemis des Bihan ( L'appel du pied est dans le texte).

    3)Spéculez, l'air inquiet, sur les conséquences de rencontres avec le pouvoir ou encore dire que c'est une négligence de la police car elle aurait dû faire un accueil musclé. Sur ce point, la demande dans le texte n'est pas claire : veulent-ils dire que ce n'est pas un retour dans l'indifférence ou préfèrent-ils que l'on dise que le pouvoir tremble à l'idée du retour du monsieur ? Faites dans leur sens, selon ce que vous avez compris.

    4) En revanche, le rappel maladroit du "président réel" et samba Thiam était superflu et il est difficile à rattraper. Il rafraichit la mémoire des faits : on a déjà vu presque toutes les figures du mouvement historique rentrer en Mauritanie. Mais on peut essayer de rebondir : Faites un texte qui semble se délecter des disputes malheureuses entre poulo-toucouleur.

    5) Bref, rappelez-vous que les pullotocouleurs sont comme tous les peuples de Mauritanie, ils négocient le politique de façon très ressemblante aux Bidhan, avec les mêmes subtilités, travers et maladresses. Ils ont aussi les mêmes souhaits et contraintes que tous : vivre dans la considération, élever leurs enfants, et se donner plus de chances économiques dans un pays où les ressources sont limitées et dont le partage est âpre.