17-05-2012 13:14 - Fatimata Diagana : « Je me battrai jusqu’au bout »

Fatimata Diagana : « Je me battrai jusqu’au bout »

Madame Fatimata Diagana a travaillé pendant 12 ans comme enseignante aux établissements privé "Petit Centre" de Nouakchott. Elle a été licenciée de son école.

La Raison « je n’ai jamais bénéficié de primes d’ancienneté, j’ai réclamé une inscription a la sécurité sociale en vain. Quand j’ai saisi insisté pour bénéficier de ces droits, en représailles, j’ai été licenciée sans aucun droit » déclare Fatimata Diagana.

Le syndicat en question, la CGTM, a rendu public u communiqué dans lequel, il est écrit : « Durant toutes ces années de bons et loyaux services rendus, Mme Diagana n’a jamais bénéficié de primes, indemnités et autres avantages liés à l’exécution de son travail. Pire, par sa mauvaise volonté, son employeur a catégoriquement refusé de la déclarer auprès de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale malgré ses multiples réclamations.

Et comme si cela ne suffisait pas d’être privé d’un droit aussi légitime, cette institutrice a fini par être licenciée la semaine dernière sans aucun motif valable. Cette annonce qui sonne comme un couperet qui s’abat sur cette pauvre dame, est motivée par le simple fait qu’elle a une nouvelle fois osé ébranler l’autorité de son employeur en revendiquant le paiement de la prime d’ancienneté dont elle avait pleinement le droit.

Une réclamation qui a fait l’objet d’un procès-verbal de non-conciliation transmis au Président du Tribunal de Travail, à l’issue de la convocation de son employeur pour une réunion de tentative de conciliation à l’inspection du travail du ressort. Depuis cette date, elle est régulièrement victime de harcèlement et d’intimidation de la part de son employeur, qui vit très mal sa convocation à l’inspection du travail.

Concernant le licenciement, dans la même déclaration de la CGTM, il est écrit «, l’employeur a avancé un fallacieux motif en affirmant que l’état de santé de cette dame ne lui permettait pas de continuer à mener à bien son travail en tant qu’institutrice et d’honorer ses engagements envers son employeur. Une décision qui viole manifestement les dispositions de l’article 5 du Décret n° 65.051 du 25/02/1965 qui stipulent que le travailleur victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, ne peut être licenciée sans autorisation de l’inspection du travail du ressort. »

Fatimata Diagana a pris un avocat et porté l’affaire devant la justice. « Je veux le paiement de tous mes droits, primes d’ancienneté, ordonnance, tous les arriérés. Je me battrai jusqu’au bout » dit-elle. Il faut souligner que très souvent, dans les écoles privées mauritanienne, le personnel enseignant évolue en marge du code du travail. Les enseignants y sont souvent à la limité de la traite.

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Commentaires (8)

  • erostyk (H) 18/05/2012 17:33 X

    La sous exploitation des enseignants aura des effets néfastes sur nos enfants. Les dirigeants de se pays doivent régler une bonne fois ce problème qui en cache bien d'autres.

    Ou sont les imams qui criaient contre Biram? La c'est l'avenir de vos enfants qui est en péril. qu'est ce que vous en pensez

  • noirdesir (H) 17/05/2012 21:29 X

    IL NE FAUDRAIT PAS QUE LE DEFENSE DE CETTE JEUNE DAME SE TRANSFORME EN PLAIDOYER A L ENCONTRE DE MR BONAVENTURE ET DE TOUT LE PETIT CENTRE. CAR LE RAPPROCHEMENT VERS LA XENOPHOBIE EST TOUT DE SUITE VITE ETABLI

  • Malikama (H) 17/05/2012 18:14 X

    Tant va la cruche à l'eau..... ! Tiens bon soeurette et je reste persuadé qu'en tapant du pied dans la fourmillère qu'est devenu le PC, tu t'attireras quelques foudres. Le combat en vaut la peine. Trop c'est trop !

  • da-vinci (H) 17/05/2012 17:14 X

    La situation au Petit Centre est la même que dans la plupart des établissements privés de Nouakchott: pas de contrat de travail, pas de prime, pas d'assurances maladie, pas de retraite, ... Le salaire est négocié au cas par cas, selon la tete de l'enseignant ou du prof.

    Faites un tour au lycée privé le Sahel dont le directeur est Mr. Lobé (Camerounais aussi), la situation est pire qu'au Petit Centre. S'il y a conflit entre élève (riche) et un enseignant, Lobé renvoie sans ménagement l'enseignant et garde le petit bandit payeur!

    Enfin, n'oubliez pas que ces Messieurs sont soutenus, voire financés, par des hauts gradés de chez nous!

    Pauvre Mauritanie!

  • alhambaral (H) 17/05/2012 17:02 X

    ton cas est un exemple parmi tant d'autres. Mais cela ne devrait pas être la même chose au privé. ces genres de situations ne se voient qu'en Mauritanie où tout est bafoué et plus particulièrement l'enseignement.

    par ailleurs, nous les enseignants sommes victimes de notre propre hypocrisie, n'acceptant pas de défendre notre cause par la lutte syndicale. les actions individuelles peuvent payer, mais difficilement.

    Chère cousine, votre action est noble, du courage!

  • Seniamar (H) 17/05/2012 15:44 X

    Le cas de Adama Wade confirme des dizaines de pareils cas au Petit Centre. Chaque jour avec son lot de victime, surtout de Nouakchott.

    Je prends le case des vacataires, (payés à la tâche) qui constituent plus de 90 pour centre du corps professoral, (je prends témoin l’Inspection du travail), sont sucés jusqu’à la dernière goutte : préparation d’épreuves et correction non payées. La semaine d’ouverture non payée. Les 15 derniers jours de l’année scolaire non payés. Les deux poses trimestrielles (30 jours) non payées. Les fêtes (plus un jour avant et après la fête) non payées. Ceci, sans compter d’autres fêtes fictives que l’administration de l’école n’arrête d’inventer. Malheur, si on tombe malade on est licencié sans soins. Et pour les permanants (ils perçoivent 1/3 mois salaire des grandes vacances). Où sont les contrats en en bonne et due forme ? où sont les primes et les heures supplémentaires ?

    Anecdote. Le directeur Bonaventure ou Bona comme l’appellent sa bande une fois justifiait ses «mesures d’austérité» par le fait qu’il construisait un bâtiment au Cameroun. Comme les enseignants, eux, n’ont pas besoin de toi !

    Faites le contrôle s’il y a, à part Bona et sa femme, un employé à l’administration du Petit Centre qui a sa voiture ! Pourtant la photocopie seule d’un livre du programme coûte plus que 3000 UM. Je vous laisse calculer le reste.

    Les élèves dans tout ça ? Au moins l’école a le courage de se débarrasser d’un élève qui ne paye pas. A part ça, imaginez dans certaines salles de classe, les élèvent doivent perdre plus de 15 minutes dans la recherche de tables-banc lesquelles sont tout le temps en rupture. Et puis dans les salles pléthoriques l’élève qui s’assoit derrière n’a nul part où passer, sinon sur les autres tables enjambant ses camarades. Et au finish, tout le monde passe en classe supérieure. On repêche jusqu’à moins 7 sur 10 de moyenne ! Il suffit de faire travailler les calculatrices

    Il faut cependant avouer que toute cette pagaille qui règne au Petit Centre de la négligence des parents d’élève, de la complicité du ministère de la fonction publique, des enseignants eux même qui peur de réclamer leur droit, mais aussi et surtout de la femme du directeur qui s’implique négativement dans la gestion de l’établissement.

    J’appelle d’ailleurs (je sais qu’elle est déjà au courant de la situation), l’Inspection a effectuer une enquête sérieuse dans cette école.

  • maham68 (H) 17/05/2012 14:54 X

    ça fait trop pour cette pauvre dame ;ce n'est qu'en Mauritanie ;on peut voir quelqu'un sans qualifications diriger une école et ou l'on confie l'avenir des enfants ;ce qui intéresse ce monsieur de bonaventure ;ce n'est que l'argent et il s'enfout de l'avenir des enfants car tout son magot est converti en CFA et ces enfants n'ont aucun intérêt pour lui et son pays .

    tous les aventuriers d'Afrique subsaharienne qui savent un peu lire et écrire sont enseignants dans cette école en attendant de rassembler le pécule nécessaire au voyage en Europe ;l'état doit sévir car la dépravation est une autre tare remarquée dans cette école

  • sahily (H) 17/05/2012 13:54 X

    Voila un cas social que tous les cridémiens doivent soutenir fortement, s’agissant d’une courageuse dame d'une telle ancienneté, dans le difficile métier de l'enseignement et qui réclame simplement ses droits.

    Le directeur de ce "Petit Centre" qui en plus, est un étranger exploitant un agrément aussi rentable, doit respecter la réglementation de notre Pays en matière des droits des travailleurs.