22-03-2012 01:59 - Les travailleurs de Canarylog entament une grève spontanée.
Les employés Canarylog, société espagnole de sous-traitance qui effectue des travaux de génie-civile pour le compte de Kinross/Tasiast, ont déclenché, ce mardi 20 mars, un mouvement de grève spontané.
Ces travailleurs, qui sont actuellement en rassemblement devant le siège de la société, à Tasiast, demandent, notamment, la régularisation de leur situation juridico-administrative.
En effet, ils veulent connaître clairement leur véritable employeur. Est-ce que c’est Kinross, pour le compte duquel ils font les travaux ou Canarylog, qui est la première à prendre contacte avec eux, ou ses sous-traitants locaux comme MCS qui est la cause de tous leurs déboires, ou encore Nouvelle Vision ?
A travers ce mouvement de grève, ces travailleurs comptent ainsi mettre fin à une situation d’exploitation qui s’apparente à une forme d’esclavage des temps modernes. Ici, les travailleurs sont parfois considérés comme de la marchandise transférable de propriétaire en propriétaire, sans leur consentement.
Par ailleurs, ils entendent exiger le retour immédiat et sans condition de leurs délégués du personnel proposés, dont le sort demeure toujours incertain. Du moment que la direction de la société continue de leur priver de leurs salaires du mois de février, sous-prétexte qu’ils ont été licenciés depuis le mois de décembre dernier, alors qu’ils avaient participé activement aux négociations et sont cosignataires des protocoles d’accord.
Enfin, ils demandent l’application des points ayant déjà fait l’objet d’un protocole d’accord entre la direction de la société et les représentants des travailleurs, au mois de janvier dernier. Ces travailleurs se disent déterminés à poursuivre leur action de protestation jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications, car cela fait longtemps qu’ils subissent des injustices de la part de ces sociétés qui ont plusieurs fois prouvé leur mauvaise foi en sabotant toute esquisse de solution à leurs problèmes.
Il faut rappeler qu’outre des conditions socioprofessionnelles désastreuses auxquelles sont soumis ces travailleurs, celà fait deux jours qu’ils sont privés sans raison de petit-déjeuner et travaillent le ventre vide.
Ainsi donc malgré les pressions, menaces, intimidations, chantages et harcèlement de tout genre brandis par ces sociétés, les travailleurs sont décidés à en découdre définitivement avec les responsables de l’accumulation de leurs problèmes pour obtenir gain de cause.
Tasiast : Les travailleurs de Canarylog victimes de tentatives d’intimidation
Le rassemblement pacifique organisé par les travailleurs de Canarylog, depuis ce mardi matin devant le siège de la société à Tasiast, pour réclamer le retour de leurs collègues injustement licenciés et la clarification de leur situation administrative, est sur le point de connaître une nouvelle tournure avec l’intervention des éléments de la gendarmerie.
Ces derniers, sous les ordres de la direction de la société, ont fixé un ultimatum aux protestataires pour les obliger à monter dans les bus et regagner au risque d’être soumis à des représailles violentes. Ainsi, au lieu de privilégier le dialogue et la négociation avec les travailleurs en vue d’une solution à l’amiable, la direction de la société chercherait plutôt la confrontation et de surcroît l’escalade.
D’après des sources sur place, le commandant a menacé d’user de la force pour disperser les protestataires. Mais c’est sans compter sur la détermination et la mobilisation des travailleurs, qui ne se sont pas laissés faire en rappelant au commandant que ce rassemblement pacifique ne vise que la satisfaction des revendications socioprofessionnelles et ne constitue aucune menace pour la sécurité publique.
Des propos qui visiblement ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd, car après avoir entendu les motifs de ce rassemblement, les éléments de la gendarmerie se sont retirés afin d’éviter tout débordement. Les travailleurs ont promis de ne pas quitter les lieux et d’y rester le temps qu’il faudra jusqu’à la satisfaction de l’ensemble de leurs revendications.
Rappelons que les travailleurs de la société Canarylog ont entamé leur mouvement qualifié de celui de la « dernière chance » tôt ce matin pour réclamer la satisfaction totale de leurs doléances parmi lesquelles, le retour des délégués proposés licenciés, la clarification de leur situation administrative notamment par la détermination du véritable employeur ainsi que l’application de certains points ayant déjà fait l’objet d’un accord.
