22-02-2012 08:46 - Des militaires retraités protestent contre la restructuration des sociétés de sécurité
Des dizaines de militaires à la retraite se sont rassemblés mardi soir à Nouakchott pour signifier leur mécontentement de la nouvelle restructuration des sociétés de sécurité privée. Cette restructuration issue de la loi 2009-025, accorde le monopole de la fonction de sécurité privée aux personnels retraités des corps militaires et de sécurité.
Après cette restructuration, de nombreux retraités se sont vus oubliés, exclus ou menacés de perdre leurs emplois qu’ils occupent dans des sociétés privées appartenant à des acteurs civils, n’ayant pas eu auparavant à servir sous le drapeau.
Ces retraités sont mobilisés dans le cadre des syndics du Collectif des retraités et anciens des forces armées et de sécurité (CORAFAS) et de la Coordination des sous-officiers et hommes de troupes (CSHT), soutenus par le Collectif des victimes de la répression (COVIR).
Au cours d’un point de presse tenu à cette occasion, les porte-paroles de ces retraités ont mentionné le « détournement » de l’esprit de la loi sur les sociétés de sécurité, de gardiennage et de transport des fonds concrétisé par la mise en place de la Coordination des 18 sociétés de sécurité qui ont bénéficié d’un financement de l’Etat se chiffrant à 900 millions d’ouguiyas.
Prenant la parole à cette occasion Yahya Ould Sidi Mahmoud , président du CORAFAS, a souligné : « Nous ne sommes contre personne, mais nous voulons dire non à tout détournement des fonds destinés à l’ensemble des retraités au profit d’un groupe d’officiers comptant parmi les plus nantis ».
Il a indiqué que « depuis 1978, ce pays est dirigé par des militaires qui, hélas ; n’ont jamais eu le moindre souci de leurs frères retraités ». Il faudra a-t-il poursuivi, attendre à ce que Aziz arrive pour venir en aide aux retraités, lais cela a enfin été fait en toute opacité. Et d’ajouter « la loi 2009 a été promulgué pour venir à notre secours, mais voilà que nous sommes replongés dans l’incertitude et la précarité.
« Nous avons été formés par l’école de l’armée et nous demeurerons profondément militaires, par conséquent attachés à la fonction sécurité », a –t-il renchéri.
Il a déploré que les retraités se retrouvent aujourd’hui lésés par ces mêmes sociétés « qui devraient d’abord exister pour soulager leur peine ».
D’autres retraités prendront la parole pour abonder dans ce sens et exiger à ce que une solution urgente soit apportée, notamment pour le cas de ces ancien oubliés par la restructuration et ces 8000 employés des 12 sociétés de sécurité civiles de sécurité, aujourd’hui menacés par le retour au chômage.
En marge de cette conférence les retraités ont rendu public un communiqué dans lequel ils ont enfin dénoncé « cette volonté manifeste de plonger dans la misére les anciens membres des forces armés… »
